NOUVELLE: Une tranche de vie de l'époque des mines, du vécu!!!

Publié le par Pat Rieux-Boyer

 

Voici la 1ère partie d'une nouvelle sur la mine : Le prologue, une vrai tranche de vie!!! C'est un article de mon père Clovis, fils et petit fils de mineurs du bassin minier de Decazeville en Aveyron, qui a été conservateur du musée de la mine d'Aubin pendant 10 ans. . retraité depuis il a voulu laisser une trace de son speach comme un témoignage d'un passé qu'il a vécu.. vous souhaitant bonne lecture, ce prologue par sa simplicité est vraiment mon préféré, n'hésitez pas à donner votre avis à ce débutant dans l'écriture..


PROLOGUE

«Une tranche de vie»  

Pour écouter la chanson "Fils de mineurs" pendant la lecture :

 

  Fils et petits-fils de mineurs morts très jeunes, j’ai vécu dans un pays de mine, près d’un chevalement de cette terre aveyronnaise environné d’usines crachant le feu et la fumée. J’étais entouré par ces millions d’ouvriers souffrant parfois la faim et le froid, suant sang et eau pour nourrir une famille nombreuse, luttant de toutes leurs forces pour survivre dans ces temps difficiles. J’ai connu ces grèves terribles ou crevant parfois de faim, on tenait bon, grâce à une solidarité incroyable des ouvriers. Ceux qui avaient la chance de travailler dans ces temps de luttes et de souffrances, donnaient naturellement un peu de pain et d’argent et même d’amour pour ces enfants malheureux. J’ai connu la soupe populaire existant avec des dons venus d’autres bassins de mines, parfois de toute la France nous soutenant dans nos luttes pour le bonheur de l’ouvrier.

On a oublié aujourd’hui un fruit de la nature qui a sauvé aussi quantités de vies humaines pendant les périodes de disette : « la châtaigne » ce fruit merveilleux remplissant bien souvent notre estomac vide, parfois seule nourriture pendant ces grèves terribles. Ces châtaignes dont on faisait du pain que l’on trempait dans du lait le matin pour un déjeuner copieux avant de partir à l’école. Châtaigne grillée au four qui réchauffait nos mains dans les poches durant ces marches dans le froid et la neige vers l’école. Je me rappelle ma jeunesse à l’époque ou avec mes parents, nous allions ramasser ces fruits dans nôtre châtaigneraie distante de huit kilomètres. On partait à pied un matin d’automne, ramassant lou « castagnes » toute la journée avec un pique nique a midi, puis retour le soir avec un petit sac sur le dos, les mains piquées par ces « pelous » garnis de milliers de piquants que l’on essayait d’éviter en les ouvrant avec un bâton ou les écrasant sous les pieds. Quand tous les gros sacs de 50 kg étaient remplis, mon oncle qui avait un cheval et une carriole pour livrer le charbon, allait nous les chercher et on les faisait sécher au grenier pour l’année. On avait à cette époque bâtie sur l’arrière de la vieille maison fournie par la campagne, une pauvre cabane en planches où l’on élevait le cochon avec le restes de châtaignes de patates ou de topinambours. On l’appelait Gaspard on l’aimait tellement que a chaque fois qu’on le tuait au mois de Février on pleurait, les voisins venaient aider a faire les pâtés, fritons etc. c’était la fête de l’amitié, on chantait, on buvait en mangeant les fritons chauds le soir puis chacun rentrait chez soi, un petit présent à la main : une saucisse, un rôti etc. C’était dur a cette période mais on était heureux, l’amitié, la solidarité n’était pas un vain mot. Je revois aussi ma mère laver le linge l’hiver au lavoir communal, les mains dans l’eau glacée. Cela n’empêchait pas les lavandières de raconter les derniers potins et même chanter les refrains à la mode. Parfois à la sortie de l’école j’allais aider à sortir les draps et les bleus de travail, les tordre et les mettre dans la brouette. Je me rappelle encore les onglées terribles qui faisaient si mal à mes mains frigorifiées. Il y a tant de souvenirs de cette époque qui traverse mon esprit. Pourtant ce n’est pas si loin dans le passé mais la vie a tellement changé. Tout est allé si vite que j’ai l’impression d’être très vieux pourtant avec les jeunes je me sens presque comme eux, avec la même envie de m’amuser. 
CLOVIS

 

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dissertation proposal 26/08/2009 05:45

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bunny62 25/07/2007 08:05

salut
Le blog Le mineur en Balade est revenu avec de nouvelles aventures
J'ai vu que l'ancien était encore dans les liens
le titre n'a pas changé mais l'adresse oui , c'est :
http://lemineur.over-blog.com
Je me suis réinscris à la newletter
Je te mets dans mes liens
A bientôt
PS : est-ce que je peux utiliser la chanson du mineur pour la mettre en fond sur le nouveau blog
merci pour la réponse

bouyssou pierre 14/02/2007 19:00

c est avec un plaisir immense que j ai lu ces lignes ecrites par Clovis Boyer
natif d aubin et moi meme famille de mineur, plus jeune que Clovis, je me souviens tres bien de ces moments et c est vrai dans la misere tout le monde trouvait un bonheur.Que les temps ont change,helas.Les meres de famille qui se retrouvaient au lavoir ou malgre la rude tache qu'elles avaient, trouvaient le moyen de rire ensemble et de papoter sur toute la vie du village.Merveilleux souvenirs et meilleur souvenir a Clovis avec qui j'ai partage bon nombre de parties de pétanque sur notre bonne place d'Aubin
  Pierre Bouyssou parti a 17ans d' Aubin